Les Forges de Nay

Le projet mené sur les forges de Nay, à Arthez-d’Asson dans les Pyrénées françaises, part du constat qu’il est impossible d’ouvrir le site des forges, datant du dix-huitième siècle, à la visite. En effet le site est bien trop accidenté et non lisible d’un point technique pour comprendre le fonctionnement industriel.

En collaboration avec la communauté de commune du Pays de Nay qui possède un programme de valorisation de son patrimoine industriel, une association fait vivre le site en remémorant les activités passées. Plus d’infos ici.

les forges d’Arthez-d’Asson aujourd’hui. Crédit : EPOTEC.

Rapide historique de cet ancien site industriel et son état actuel…

Construite en 1588, la forge d’Arthez-Asson représente l’un des plus anciens témoignages de la tradition industrielle du Pays de Nay, servant d’interface entre la montagne et la plaine. Un réseau industriel fut créé, employant plus de 500 ouvriers-paysans formés par les ferrones du Guipùzcoa. En 1663, le site fut transformé en forge « à la catalane », une innovation venue d’Italie et adaptée en Catalogne : faire du feu avec de l’eau, grâce aux trompes hydrauliques, et réduire les coûts de production. 

La qualité et la bonne santé de l’exploitation permirent à son propriétaire, Jean-Paul d’Angosse, de survivre à la Révolution : le site était indispensable pour assurer les commandes d’armes. En 1928, une centrale hydroélectrique fut installée sur le site par la famille Prat, pour alimenter en électricité la mine de fer de Baburet.

L’accès au public est dangereux et interdit à l’heure actuelle. Bâtis pour l’essentiel entre les XVIIe et XVIIIe siècles, les murs sont composés de galets et moellons en pierre dure, pour la plupart recouverts de végétation ou ruinés. Il ne subsiste aucun élément de toiture si ce n’est un ou deux pignons. Le canal qui amenait l’eau vers les trompes est totalement comblé. Aujourd’hui, certains murs sont effondrés du fait de cette végétation, mais aussi des remblais accumulés qui créent des instabilités de structure. Au niveau du canal, des affouillements ont été constatés. Plusieurs cavités se sont formées, laissant l’eau submerger la salle du martinet et des logements supérieurs lorsque le concessionnaire met le site en eau ou lors de grosse vague pluvieuse.


Le projet scientifique

L’accès au public est dangereux et interdit à l’heure actuelle. Bâtis pour l’essentiel entre les XVIIe et XVIIIe siècles, les murs sont composés de galets et moellons en pierre dure, pour la plupart recouverts de végétation ou ruinés. Il ne subsiste aucun élément de toiture si ce n’est un ou deux pignons. Le canal qui amenait l’eau vers les trompes est totalement comblé. Aujourd’hui, certains murs sont effondrés du fait de cette végétation, mais aussi des remblais accumulés qui créent des instabilités de structure. Au niveau du canal, des affouillements ont été constatés. Plusieurs cavités se sont formées, laissant l’eau submerger la salle du martinet et des logements supérieurs lorsque le concessionnaire met le site en eau ou lors de grosse vague pluvieuse.

Compte tenu de l’expertise de notre équipe de recherche, un projet scientifique a été mis en place en 2019 pour permettre trouver un moyen pour valoriser ce patrimoine qui a fait, et fait encore, la fierté de la région. Les forges « à la catalane » profitaient en effet de la présence de rivières pour mettre en place un ingénieux système d’admission d’oxygène dans le foyer de la forge, en utilisant l’effet venturi provoqué par une chute d’eau.

Nous avons dès lors procédé à une numérisation du site par lasergrammétrie en 2018 et photogrammétrie en 2019 puis une nouvelle lasergrammétrie en 2021 afin de pouvoir comparer la dégradation entre les états . Ces deux phases ont été réalisées en partie par des projets étudiants, stages ingénieurs et post-doctorants de l’Ecole Centrale de Nantes en soutien de notre équipe de recherche. Ces deux campagnes ont été accompagnées d’un repérage architectural (de type archéologie du bâti) afin de commencer à imaginer la restitution de la forge dans son état du dix-huitième siècle.

Vue globale du site sous la forme d’un nuage de points 3D traité

Puis nous avons mis en oeuvre l’étape d’Archéologie Industrielle Avancée Numérique en croisant les sources historiques primaires et secondaires avec les relevés de terrain et la numérisation 3D. La restitution implique la compréhension des différents flux de matières, énergies et main d’œuvre dans et autour du site. À partir de cela nous pouvons commencer à esquisser le fonctionner du système technique, tant des trompes servant à l’admission de l’oxygène dans le foyer, que du mailh et martinet, outils principaux du forgeron, actionnés par une roue à augets. 

Restitution de la roue à auget actionnant le mailh à partir du relevé. Crédit : EPOTEC/Paul François.

Comme tous les projets EPOTEC, l’objectif de vulgarisation et de médiation est couplé à recherche d’exhaustivité documentaire permettant aux chercheurs comme au grand public d’avoir accès à un état complet de la connaissance concernant l’objet patrimonial.


Voici une première restitution 3D du site :